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Le 08/07/2014

Interview d’Aline Billondeau, gagnante du 1er “hackathon” de l’immobilier commercial et du retail

Dans le cadre de sa 10ème édition, le salon Siec, rendez-vous incontournable pour tous les professionnels de l’immobilier commercial et du retail, a développé le Siec’LAB. Il s’agit d’un espace précurseur sur lequel s’est déroulé le premier “hackathon” de l’Immobilier Commercial et du Retail. La thématique abordée par les candidats était “inventer l’expérience shopping dans un centre commercial en 2019” et parmi les 5 projets développés sur ce salon, c’est celui d’Aline Billondeau, “Le Hub”, qui a remporté le 1er prix. 

Fidzup : Aline, pouvez-vous vous présenter s'il vous plaît ?
AlineAline : Je m’appelle Aline et je suis une jeune publicitaire de 23 ans. Je suis diplômée depuis octobre d’un Master pro en Stratégies et Produits de Communication de l’Université de Bordeaux.
J’ai bossé en agence de comm’, dans l’art contemporain et je viens de terminer avec une année entant que planneur stratégique junior dans 2 agences de publicité parisiennes.
Je n’ai donc pas forcément un parcours d’entrepreneur mais j’ai quelques idées (plus ou moins intelligentes) qui émergent là-haut de temps à autre.


Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a amené à participer au hackathon Siec'LAB ?

Je dirais que c’est un concours de circonstances.
Lorsque j’étais au planning de Saatchi & Saatchi + Duke, j’ai eu l’occasion de travailler avec le Creative Technologist sur un appel d’offre d’Arte autour de l’innovation. C’est cette même personne, Nicolas Rauber, qui est à l’origine du Hackathon du SIEC et qui m’a soumis l’idée d’y participer.
Etant très curieuse de nature, je me suis dit « pourquoi pas »! J’essaie aussi de sortir de ma zone de confort le plus souvent possible et c’était l’occasion rêvée pour rajouter une inconnue à l’équation.
Et puis, le sujet ne m’était pas inconnu, j’ai déjà eu à réfléchir à des problématiques autour de l’expérience shopping connectée pour plusieurs clients.
Et pour finir, j’aimais particulièrement l’idée de devoir travailler avec d’autres compétences (Développeurs, designers etc.) pour porter un projet un peu hors-norme.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce que vous avez réalisé durant ce hackathon ?
Lors du hackathon nous avons travaillé 2 dimensions du projet.
La première très marketing et stratégique où nous avons expliqué les fondements du concept et les apports de la solution Hub aux Centres Commerciaux. 
Puis, les développeurs d’O’labs ont travaillé sur un démonstrateur physique. Une maquette représentant un pan de mur où des alvéoles s’animaient (lumière + musique) en fonction d'un "mood-board » choisi sur le site web dédié.

Vous avez donc présenter un projet "Le Hub", cabinet d'inspiration animé et personnalisé. Qu'est-ce que "Le Hub"?

Le Hub c’est une structure connectée qui s’anime en fonction de la personnalité de ces visiteurs.
Je parle de Cabinet d’Inspiration car on met en scène différents produits sans pousser le consommateur à l’achat de manière agressive.
Nicolas le dit très bien de la manière suivante : c’est une expérience qui nous met « in the mood » pour aller faire son shopping.

Est ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur l'aspect technique du "Hub", sur les technologies utilisées ou prévues?
A l’heure actuelle, le projet est toujours en construction et nous ne nous sommes pas arrêtés sur des technologies bien précises. Au terme des 2 mois d’incubation, nous aimerions parvenir à un pilote spécifiant les dimensions du Hub, les matériaux, les technologies utilisées etc. et qui redéfinit ce très jeune concept à travers plusieurs offres (du basique - aux enrichissements possibles).

A l’heure actuelle, Le Hub c’est une expérience qui débute sur le Smartphone et qui se poursuit dans un lieu physique et immersif.
Nous allons probablement animer la structure physique grâce à une sonorisation et un jeu de lumière, le lieu permettra de plonger l’utilisateur dans une expérience immersive. L’utilisation de capteurs non intruisifs permettra d’adapter le lieu en fonction de la personne et à ses actions et comportements sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, grâce à la technologie BLE nous serons en mesure de communiquer avec le smartphone de l’utilisateur.
Enfin, nous aimerions implémenter une solution de géo-fencing pour diriger les visiteurs vers le lieu dès son entrée dans le Centre Commercial. 

Qu'est-ce qui vous a amené à penser et développer "Le Hub" ?
Je suis partie de plusieurs constats.

1. Les shoppers ne sont pas nécessairement « fan » des gadgets innovants présents en point de vente.
Si l’on sort de la sphère des publicitaires, des « modeux » et des « geek » du digital, la « masse » restante n’est pas forcément à l’aise et n’a pas forcément envie de se retrouver avec des écrans et des conseillers virtuels partout en point de vente. Néanmoins, une étude de Business Insider Intelligence - « E-commerce and the future of retail, 2014 – nous rapporte que 60% des interviewés disent qu’ils leur manquent des expériences personnalisées en magasin. Mon idée d’origine, c’était un lieu qui mixe digital et physique, un lieu dédié pour proposer une expérience consommateur personnalisée.

2. Le shopping est une expérience sociale par nature mais maintenant digitalisée notamment sur les réseaux sociaux.
Les socionautes parlent constamment de leurs gouts, de leurs envies, de leur dernier achat (Cf. Phénomène du unboxing) sur Facebook, Twitter, Instagram et cie. On retrouve ces plateformes à toutes les étapes du purchase funnel : de la recherche d’inspiration/information à l’achat et même après l’achat.

Qu'est ce que cela apporte à l'expérience shopping des visiteurs d'un centre commercial ?
Le Hub permet d’animer l’espace de vie du Centre Commercial avec une expérience un peu « WOW » qui change du quotidien. On ne propose pas le sempiternel jeu concours ou l’atelier maquillage. Ici, c’est quelque chose d’un peu mystérieux qui permet de découvrir les produits des enseignes en vivant une expérience immersive et sensorielle (car on fait également appel à la vue et l’ouïe avec une ambiance lumineuse et musicale personnalisée).
Il ne faut pas oublier que quand les visiteurs se déplacent dans un Centre Commercial, c’est notamment pour voir le produit en physique, c’est l’un des freins majeurs dans le e-commerce, le fait de ne pas voir et toucher le produit. C’est pour cela que l’on a décidé d’animer des produits physiques et non pas de tout digitaliser sur écran.
Avec le Hub, on vise surtout les « flâneurs » ceux qui ne savent pas forcément ce qu’ils viennent chercher et qui prendront le temps de vivre une expérience sympa pour s’inspirer.

Travailler sur un tel projet a dû vous amener à réfléchir aux problématiques qui se posent aujourd'hui aux acteurs du retail en France mais aussi à l'international. Des questions qui souvent sont d'ailleurs liées à la place du digital dans leur stratégie et leur offre. Quel impact pensez-vous que des projets comme "Le Hub" ou qu'un salon incontournable comme le Siec qui organise un hackathon puisse avoir sur les foncières commerciales ?
En 2013, on a vu fleurir les nouveaux Centres Commerciaux innovants comme Aeroville, Beaugrenelle ou So West. Ce phénomène montre que les foncières se penchent de plus en plus sur le sujet du digital pour renouveler leurs concepts.
Une initiative comme le SIEC’lab leur permet de voir encore plus loin sur ce qu’il est possible de mettre en place en matière de technologie pour raviver l’intérêt des consommateurs.
Le Hackathon montre que des projets un peu fous ou ambitieux sont réalisables et que les limites techniques ne sont pas si importantes. En gros la tag line du Hackathon c’est« regardez ce que l’on peut faire en 3 jours, imaginez en 3 mois ». Moyennant de l’investissement et de la R&D on peut développer des concepts pérennes, qui apportent une nouvelle dimension à la visite traditionnelle en Centre Commercial.
Je pense que des projets comme le Hub et d’autres proposés au SIEC’Lab répondent à la tendance du « retailainment » (combiner davantage shopping et loisirs) ; la technologie et le digital sont le nerf de la guerre de cette tendance. Ce sont des leviers peu couteux sur le long terme pour proposer de nouveaux services et d’une très grande richesse. Des réseaux sociaux à l’électronique pure, la technologie ouvre le champ des possibles.Pour finir, je citerais l’étude SapientNitro insights de 2013 : « Retailers that provide people with engaging, digitally-enhanced experiences can expect in-store sales to increase by as much as 40%. »
Je pense que la phrase parle d’elle-même non ?

Posté par Richard Rigault le 08/07/2014

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